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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 14:05

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à voir sur le site des chrétiens unitariens (Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens / AFCU), lien.

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 17:49

Communication de Jean-Claude Barbier, intervenant au séminaire organisé par la Congrégation unitarienne du Rwanda les 15-21 décembre 2014 à Kigali sur un programme de formation de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) (lien).
* John Shelby Spong, 2014 – Jésus pour le XXIème siècle, Paris, Karthala, 328 p., traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raymond Rakower,; l’auteur est évêque émérite de l’Eglise épiscopalienne de Newark, New Jersey. Version originale : Jesus for the Non-Religious, 1ère édition en 2007 chez HarperCollins, chap. 16, pp. 201-204

Le « Second Zacharie », dont les prophéties ont été ajoutées à celles de Zacharie, forme ainsi la seconde partie du livre (Za, chap. 9 à 14). Il a exercé probablement vers la fin du V° ou le début du IV° siècles (520-515 construction du Second temple), et il est contemporain du prophète Aggée. A la suite de prophètes antérieurs, il reprend le thème politique du Berger, le Roi-berger, ou le Roi-messie (Za 9, 9-10) ou le Bon berger (Za 11, 4-17 ; 13, 7-9), ou encore le Transpercé (Za 12, 9-14).
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Esaïe s’adressant à Jérusalem « Je tournerai la main contre toi, j’enlèverai au creuset tes scories, et je te dégagerai de ton plomb. Je rendrai tes juges tels que jadis, tes conseillers tels qu’autrefois. Alors on t’appellera Ville-Justice, Cité-fidèle » (Es 1, 25-26).
Jérémie l’a appliquée aux rois d’Israël, pour leur reprocher d’avoir mal accompli leurs fonctions (Jr 2,8 ; 10, 21 ; 23, 1-3), et pour annoncer que Dieu donnera à son peuple de nouveaux pasteurs, qui le paîtront dans la justice (Jr 3, 15 ; 23, 4), et parmi ces pasteurs un « germe », le Messie (Jr 23, 5-6) : « Voici venir des jours – oracle d’IHVH – où je susciterai à David un germe juste, qui règnera en vrai roi et sera intelligent, exerçant dans le pays droit et justice. En ces jours, Juda sera sauvé et Israël habitera en sécurité. Voici le nom dont on l’appellera : IHVH – notre justice ».
Ezéchiel – voir la note de la Bible de Jérusalem (p. 1172) à propos d’Ez 34, 1-10 et des mauvais pasteurs : « L’image du roi Berger est ancienne dans le patrimoine littéraire de l’Orient ».
Le Second Zacharie – Dans Za 11, 4-17. le Bon berger ne veut plus paître « les brebis d’abattoir » au compte des maquignons qui s’enrichissent et qui sont malhonnêtes. Il demande son salaire : « Si cela vous paraît bon, octroyez-moi mon salaire ; sinon laissez ». Et ils pesèrent mon salaire : trente sicles d’argent » [ce qui est très peu !] Mais IHVH me dit : « Jette-le au trésor, le beau prix auquel ils m’apprécièrent ». Et je pris les trente sicles d’argent et les jetai dans le temple d’IHVH, dans le trésor » (Za 11, 12-13).
Jean - Jn 10, 1-16, Jésus se présente comme étant le bon Pasteur, par opposition aux « voleurs » et aux « pillards », et comme la porte incontournable, passage obligé : « Je suis la porte. Qui entrera par moi sera sauvé ; il entrera et sortira et trouvera sa pâture » (v. 9). En plus, il va aller chercher les brebis qui ne sont pas dans cet enclos, « elles écouteront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur » (v. 16).

Dans cette optique, l’entrée de Jésus à Jérusalem juché sur un ânon (Mt 21, 1-9), comme l’avait prédit le Second Zacharie, est bel et bien un coup de force politique : le bon pasteur vient remplacer les bergers défaillants que sont les autorités juives, évènement commémoré le dimanche des Rameaux car le peuple joncha le sol de rameaux de palmiers (et aussi de manteaux) : « Tressaille d’allégresse, fille de Sion ! Pousse des exclamations, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi s’avance vers toi. Il est juste et victorieux. Humble, monté sur un âne – sur un ânon tout jeune » (Za 9, 9). La mise en scène est volontaire puisque Jésus demande à ses disciples d’aller chercher un ânon non encore séparé de sa mère conformément au texte référé.

Les évangélistes connaissent bien le Second Zacharie et le cite volontiers, comme par exemple lorsque Jésus renverse les tables des marchands du temple (Mc 11, 15-19). Celles-ci ne sont en effet plus nécessaires car tout sera sacralisé, propriété de Dieu : les chevaux, les marmites du temple (Za 14, 20-21). « …et il n’y aura plus de marchands dans le Temple de IHVH Sabaot, en ce jour-là » (verset 21).

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 16:52

Communication de Jean-Claude Barbier, intervenant au séminaire organisé par la Congrégation unitarienne du Rwanda les 15-21 décembre 2014 à Kigali sur un programme de formation de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) (lien).
* John Shelby Spong, 2014 – Jésus pour le XXIème siècle, Paris, Karthala, 328 p., traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raymond Rakower,; l’auteur est évêque émérite de l’Eglise épiscopalienne de Newark, New Jersey. Version originale : Jesus for the Non-Religious, 1ère édition en 2007 chez HarperCollinsn chap. 17, pp. 196-201.

Le Serviteur, le Serviteur de Dieu ou le Serviteur souffrant (Es 52, 6-53) est sans doute une figure allégorique du peuple juif : « Je soupçonne que ce portrait était tout simplement le symbole de la nation juive, faisant face à son avenir d’une manière réaliste » (J.S.S., p. 198). Les prophéties relatives à ce Serviteur souffrant ont été rattachées au parchemin du prophète Esaïe ; c’est le « Second Esaïe », chap. 40 à 55.

Nous sommes au VI° siècle avant J.-C., vers la fin de l’Exil à Babylone
722-721, prise de Samarie par l’Assyrien Sargon II, déportation des habitants, fin du royaume d’Israël
598, prise de Jérusalem par le Babylonien Nabuchodonosor, première déportation (dont le prophète Ezéchiel)
Juillet-août 587, seconde prise de Jérusalem par les Babyloniens, destruction du temple, 2ème déportation.
582-581, troisième déportation (suite à l’assassinat du gouverneur babylonien).
538, édit de Cyrus permettant aux juifs de Babylone de retourner à Jérusalem ; il est déclaré messie (= l’oint du Seigneur, Es 45,1).


jesus_crucifie_par_chagall.jpgJésus crucifié, peinture de Marc Chagall


Ce prophète prend acte de la faiblesse du peuple juif et fait preuve de réalisme. C’est Dieu, et lui seul, qui finalement élèvera la nation juive. «Selon le Second Esaïe, ce Serviteur était destiné à vivre la seule vocation possible pour la nation des juifs. Le rôle des Judéens n’était plus désormais de chercher à atteindre la puissance, mais d’accepter le manque de puissance en guise de mode de vie. […] Ce Serviteur accomplirait sa mission, non pas par la force, mais grâce à sa faiblesse et à l’effacement de sa personnalité. Il n’offrirait pas de résistance à l’hostilité et ne reculerait pas devant les mauvais traitements » (J.S.S. p. 198). : « Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille. Et moi, je ne me suis pas cabré. Je ne me suis pas rejeté en arrière. J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient » (Es 50, 5-6).

Rôle de bouc-émissaire (Es 53, 3-5) chargé de nos fautes : « Il était méprisé, laissé de côté par les hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, tel devant qui on cache son visage ; oui, méprisé, nous ne l’estimions nullement. En fait, ce sont nos souffrances qu’il a portées, ce sont nos douleurs qu’il a supportées, et nous, nous estimions qu’il était touché, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il était déshonoré à cause de nos révoltes, broyé à cause de nos perversités : la sanction, gage de paix sur nous, était sur lui, et dans ses plaies se trouvait notre guérison ».
« Jésus était décrit comme ayant emprunté la voie du Serviteur souffrant. La mort de Jésus vint à être comprise au travers du portrait du Serviteur » (J.S.S.).

Nouveau rôle international de la nation juive : « Je t’ai destiné à être la lumière des nations, afin que mon salut soit présent jusqu’aux extrémités de la Terre » (Es 49, 6). « Une nation que tu ne connais pas, tu l’appelleras et une nation qui ne te connaît pas courra vers toi, du fait que le Seigneur est ton Dieu » (Es 55, 5). Il devrait libérer les peuples : « tirer du cachot les prisonniers, de la maison d’arrêt, les habitants des ténèbres » (Es 42, 7). Voir plus largement tout le chapitre 42.
« Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu que j’ai moi-même en faveur, j’ai mis mon Esprit sur lui. Pour les nations il fera paraître le jugement, il ne criera pas, il n’élèvera pas le ton, il ne fera pas entendre dans la rue sa clameur ; il ne brisera pas le roseau ployé, il n’éteindra pas la mèche qui s’étiole ; à coup sûr, il fera paraître le jugement. Lui ne s’étiolera pas, lui ne ploiera pas, jusqu’à ce qu’il ait imposé sur la terre le jugement, et les îles seront dans l’attente de ses directives … » (versets 1-4).

Le vieux prêtre Syméon prend le bébé Jésus pour le bénir au 40ème jour de sa vie, puis il s’adresse à Dieu en ces termes « Maintenant, Maître, c’est en paix comme tu l’as dit, que tu renvoies ton serviteur. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé face à tous les peuples : lumière pour la révélation aux païens et gloire d’Israël ton peuple » (Luc 2, 29-32).

Grâce à cette prophétie du Serviteur souffrant, Dieu n’est plus le dieu du seul Israël, mais de toutes les nations et Luc pourra enfin faire dire aux anges de Noël : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » (Lc 2, 14) – tous les hommes et pas seulement les Juifs …C’est le passage d’une monolâtrie (le choix par un peuple d’un seul dieu) au monothéisme (un seul et unique Dieu pour toute l’Humanité).

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 16:03

communication de Jean-Claude Barbier, intervenant au séminaire organisé par la Congrégation unitarienne du Rwanda les 15-21 décembre 2014 à Kigali, sur un programme de formation de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) (lien).
* John Shelby Spong, 2014 – Jésus pour le XXIème siècle, Paris, Karthala, 328 p., traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raymond Rakower ; l’auteur est évêque émérite de l’Eglise épiscopalienne de Newark, New Jersey. Version originale : Jesus for the Non-Religious, 1ère édition en 2007 chez HarperCollins, chap. 16, pp. 185-193.

« Fils d’homme, tiens-toi debout, car je vais te parler » (Ezéchiel 2, 1). Dieu s’adresse à son prophète par cette expression « ben adam » qui rappelle la différence entre Dieu (éternel, omniprésent, possédant la connaissance dont celle du futur) et l’être humain dans sa finitude et ses limites ; thème classique de l’Antiquité depuis la geste de Gilgamesh de la littérature babylonienne.
Ezéchiel est le principal prophète durant le temps de l’Exil à Babylone, au VI° siècle av. J.-C. Sans doute membre prédominant des « prêtres écrivains » qui enrichirent la Torah, la doublant en longueur (avec des rites cultuels dans le Lévitique, les nombreuses observances telles les prescriptions du sabbat, les aliments casher, la circoncision des bébés masculins), et contribuant ainsi à forger le peuple juif en le maintenant distinct des autres peuples.

Après Ezéchiel, il faudra attendre 400 ans pour qu’un autre prophète, Daniel (au IIème s. av. J.-C, vers 164-162), réutilise cette expression, mais cette fois-ci dans un tout autre sens : un être divin situé à la droite de Dieu : « Je regardais dans les visions de la nuit et voici qu’avec les nuées du ciel venait comme un Fils d’homme : il arriva jusqu’au Vieillard*, et on le fit approcher en sa présence. Et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté : les gens de tous peuples, nations et langues le servaient. Sa souveraineté est une souveraineté éternelle qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera jamais détruite » (Daniel 7, 13-14) - « L’Ancien » dans d’autres traditions.

Une véritable libération n’est pas possible par une révolte armée, d’où l’espoir de l’intervention d’un messie céleste qui viendrait comme l’agent de Dieu et qui disposerait de pouvoirs surnaturels.
Ce messie présidera au Jugement dernier, puis ce sera l’instauration du Royaume de Dieu sur Terre et pour l’éternité.
Chute prédite des grands royaumes dominateurs qui n’ont du pouvoir que jusqu’à ce que Dieu a besoin d’eux pour punir son peuple. Si le peuple élu ne pêche plus, alors Dieu lui pardonnera et tout rentrera dans l’ordre, Dieu cessant son soutien aux grands royaumes.
« Le Fils d’homme était devenu un personnage divin, possédant des pouvoirs surnaturels, et qui avait reçu la tâche de faire advenir la fin du monde, et d’amener le jugement et le règne éternel du Dieu sur Terre » (John Shelby Spong).


jugement_dernier.jpgLe jugement dernier par Michel Ange, fresque de la chapelle Sixtine, Vatican ; au centre, le Fils de l'homme

Le Livre d’Hénoch (qui selon la Bible de Jérusalem est en partie antérieur à Daniel) développe cette  vision du Fils de l’Homme à partir de l’ascension du patriarche Hénoch (ou Hénok ou Enoch) qui n’est pas mort et s’est donc retrouvé avec Dieu (Gn 5, 21-24) ; n’étant par mort (« Hénok marcha avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l’enleva » (v. 24), il peut donc revenir sur terre ! Il en est ainsi pour Elie disparu dans les nuées avec un char de feu (2 R, 2, 11 et s.). Ce livre est un apocryphe juif qui ne fut pas reconnu par les rabbins qui rédigèrent les Talmuds. L’épître de Jude y fait écho (versets 14-15) ce qui montre bien que les judéo-chrétiens le lisaient.

Jésus se serait déclaré « Fils de l’homme » à ses disciples après sa sortie de Galilée (et le récit de la Transfiguration) (Mt 17, 10-13, avec parallèle en Mc 9, 11-13). Jean-le-baptiste est selon lui Elie revenu et, lui, le Fils de l’homme. Devant le Grand Prêtre, Jésus persiste et signe (Mc 14, 55-64 avec parallèles Mt 26, 59-66 et Lc 22, 66-71). Selon Jean, Jésus aurait plutôt affirmé qu’il était « Fils de Dieu » (Jn 10, 22-39 – précisément le verset 36).

A noter que l’expression de Fils de l’homme n’est pas utilisée par Paul dans ses épîtres.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le Fils de l'homme
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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 12:16

par Jean-Claude Barbier, intervenant au séminaire du 15 au 21 décembre 2014 à Kigali organisé par la Congrégation unitarienne du Rwanda selon le programme de formation établi par l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) ( lien). Ce commentaire a été traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne le 2 janvier 2015 sur le site de la Comunione Unitariana Italiana (CUI), lien.

Selon les évangiles synoptiques (Mt 9, 18-19 et 23-26 ; Mc 5, 21-24 et 35-43 ; Lc 8, 40-42 et 49-56), la résurrection de la fille de Jaïre confirme le pouvoir extraordinaire de Jésus qui serait insufflé par Dieu : non seulement il guérit, mais voilà qu’en plus il ressuscite les morts, pouvoir attribué jusqu’à présent à Dieu seul, seul maître de nos destins, de la vie et de la mort … et ceci dès le début de sa campagne de Galilée.
Il y a, pour eux et les croyants, guérison miraculeuse, mais faut-il pour autant crier au miracle ?
Il arrive en effet qu’une personne entre en coma, soit" comme" morte … et parfois se trouve enterrée un peu précipitamment (en l’absence de nos modernes stéthoscopes !). Jaïre dit à Jésus que sa fille est mourante et c’est l’entourage qui affirme la mort ; il est d’ailleurs venu immédiatement avertir le maître. La question reste donc ouverte. A propos de Lazare, Jn 11, 1-46, l’évangéliste Jean prendra soin de nous dire que le corps sentait déjà mauvais afin de bien nous faire comprendre que Lazare était réellement mort (depuis 4 jours précise-t-il !) v. 39.
Remarquons que Jésus, en bon thérapeute, utilise le contact physique avec la personne malade ; ici Jésus prend la main de la fillette. D’ailleurs, en récit intercalé, sur le chemin qui le conduit sur les lieux, Jésus est touché par une hémorroïsse (une femme qui était atteinte d’un flux de sang depuis 12 ans ; ce terme ne s’applique que pour cette femme citée dans les évangiles)… laquelle guérit par un simple contact du vêtement du maître ! Une énergie découle de sa personne ; elle réconforte et guérit. Mais est-ce suffisant pour sortir quelqu’un d’un évanouissement prolongé ? d’un début de coma ?

 

La raison écarte résolument les miracles comme étant une explication irrationnelle. Elle est rejointe, depuis le Siècle des lumières, par la critique du théisme providentiel : comment Dieu, grand architecte de l’univers (GADLU) comme disent les francs-maçons, le Dieu créateur « horloger » de Voltaire pourrait-il déroger aux lois qu’il a lui-même établis ? On aurait alors à faire à un dieu fantaisiste, capricieux, incohérent, injuste et discriminant car intervenant pour certains et non pour d’autres !
Entre guérison inexpliquée (constat fait par les médecins) et le miracle proclamé par les croyants, le débat risque de s’enliser, mais le vrai sens du texte est-il à ce premier niveau d’une affirmation de pouvoir de Jésus ? John Shelby Spong, dans son livre à la page 102*, avance un second sens, plus profond : les évangélistes synoptiques se seraient inspirés d’un récit du Premier testament relatant la guérison du jeune enfant de la Shunamite par le prophète Elisée (2R 4, 18-37, dans le cycle d’Elisée)
* John Shelby Spong, 2014 – Jésus pour le XXIème siècle, Paris, Karthala, 328 p., traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raymond Rakower, préface de Jacques Giri ; l’auteur est évêque émérite de l’Eglise épiscopale de Newark, New Jersey. Version originale : Jesus for the Non-Religious, 1ère édition en 2007 chez HarperCollins


Elisha_et_la_Shunammite.jpg

La Shunamite, venue sur son âne, se jette aux pieds d’Elisée (lequel est accompagné de son serviteur Géhazi) pour le supplier de venir au plus vite. Vue sur le site « Christianity.about.com » (lien).

 
Le parallélisme des deux textes est en effet frappant. On a dans les deux cas :
- la famille de l’enfant mort fait partie de l’élite : la Shunamite (une « femme de qualité » du village Shunem) est suffisamment aisée pour qu’elle et son mari construisent une chambre haute au dessus de la terrasse de leur maison afin d’y recevoir le prophète lors de ses passages ; Jaïre, quant à lui, est le chef d’une synagogue (Matthieu ne donne pas le nom et dit seulement que c’est « un chef » v. 18) ;
- il s’agit d’un enfant (l’enfant de la Shunamite est parti au champ pour la première fois pour y rejoindre son père – a-t-il vers 7 ans ? Quant à la fille de Jaïre, elle avait environ 12 ans nous dit Luc, v. 42), tous deux premiers nés (des prémisses !) et uniques (Lc, v. 42) ;
- qui est mourant (« Ma petite fille est à toute extrémité » Mc  v. 23) ou bien qui vient tout juste de mourir ;
- le prophète n’est pas là et le parent part immédiatement le chercher, absolument confiant dans le pouvoir du maître ;
- le prophète entre dans la chambre où repose l’enfant et le touche. Elisée va jusqu’à s’allonger sur le corps du garçon (bien que cela provoque une impureté rituelle de 7 jours si l’on en croit les Nombres (Nb 19, 11) ;
- après guérison, le prophète rend l’enfant à ses parents ;
- l’enfant reprend vie et ses activités (l’enfant de la Shunamite éternue 7 fois ; la fille de Jaïre se lève, marche et mange !) ;
 

 

Pourquoi un tel parallélisme ? Est-ce pour nous dire que Jésus prend la suite de la grande lignée des prophètes d’Israël ouverte par Elie et son héritier Elisée ? Pour mieux le comprendre et nous dire qui il est vraiment, nos évangélistes le situent dans un renouveau prophétique que les nazôréens remettent en honneur à partir de la Pentecôte. C’est là un second sens rédactionnel, sans doute plus important que le premier qui nous était dicté par une lecture seulement littérale du texte.
D’une façon assez fréquente, nous devons atteindre ce second niveau si nous voulons mieux comprendre les textes du Nouveau testament. Nous comprenons désormais pourquoi il nous faut considérer Jésus comme un rabbi juif, inscrire la naissance de l’Eglise dans le judaïsme et continuer à lire les textes messianiques de l’Ancien testament, lesquels ont été utilisés, voire même souvent cités par les auteurs judéo-chrétiens. C’est ce que nous conseille expressément John Shelby Spong. Il s’agit là bel et bien d’une méthode de lecture des textes du NT.

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 13:22

 

par Paul Talloneau, article paru dans la revue Libre Pensée Chrétienne (LPC), n°27, 2014 (paru en septembre), pp. 27-27

 

Seigneur

Ce mot "SEIGNEUR"  est répété 70 ou 80 fois pendant la célébration de la messe du dimanche, sans qu’on sache d’ailleurs si c’est à Dieu qu’on s’adresse ou à son Christ. Différence oiseuse ? Paul lui-même l’a faite, qui distingue dans Rom 1, 7 "Dieu le Père et le Seigneur Jésus". Il n’est donc pas inutile de se poser la question. Si c’est à Dieu, l’appellation ne convient pas vraiment. Jésus lui-même ne dit-il pas : "Ce n’est pas celui qui dit Seigneur, Seigneur qui entrera dans le royaume des cieux ". Et ne nous  invite-t-il pas à appeler Dieu : Père ?  Si c’est à Jésus, l’appellation peut paraître fondée. Les multiples fois qu’elle est utilisée  pour désigner Jésus dans les textes scripturaires pourraient l’autoriser. Il faut donc les examiner.


Les Évangiles
- Marc n’emploie pas ce vocable à propos de Jésus. Sauf deux fois en 16, 19-20,  des versets que tous les spécialistes considèrent comme des ajouts tardifs.
- Matthieu  utilise Kurios, mais aussi Didaskalos (enseignant) tous deux parfois traduits  par Maître. C’est lui qui rapporte la phrase citée plus haut : "Ce n’est pas celui qui dit Seigneur, Seigneur... ". Il l’utilise aussi en 27, 63 lorsque les grands prêtres et les pharisiens s’adressent à Pilate : "Seigneur, nous nous sommes souvenus que  cet imposteur a dit…".
- Luc fait dire à Jésus : "Pourquoi m’appelez-vous, Seigneur, Seigneur, … "(6, 46).  Par contre, racontant l’épisode de la veuve de Naïm, il dira (7, 23) : "Le Seigneur eut pitié d’elle". Dans une note, la Bible de Jérusalem précise qu’il s’agit de la première apparition dans le récit évangélique de ce titre appliqué à Jésus et jusque-là jalousement réservé à Yahvé.
- Jean écrira, relatant l’apparition de Jésus à Thomas, que ce dernier s’écria : "Mon Seigneur et mon Dieu". Au chapitre 20, 11-18, on trouve deux fois le mot dans la bouche de Marie-Madeleine lorsqu’elle répond à l’ange : "On a enlevé mon Seigneur et je ne sais où on l’a mis" et lorsqu’elle croit avoir affaire au jardinier elle l’interpelle : "Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté dis-moi où tu l’as mis… " Ainsi donc le terme pouvait désigner aussi bien son maître et ami qu’un jardinier inconnu.
Les Actes des Apôtres
Ces pages, dont on sait que le rédacteur fut Luc, emploient le mot plus souvent pour parler de Jésus : (5, 14) : "[…] S’adjoignait à la communauté qui croyait au Seigneur ", (18, 8) : "Crispus de la Synagogue crut au Seigneur… ".  Les Actes mettent également le mot dans la bouche de Pierre et de Paul. Pierre : (2, 21) "Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé" ; (2, 36) "Dieu l’a fait Seigneur et Christ celui que vous avez crucifié.". Paul : (16, 32) "Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé." ;  (20-21) "J’adjurais Juifs et Grecs de croire en notre Seigneur Jésus-Christ. " ;  (14, 23) "Ils confièrent leurs prières au Seigneur ". Cette dernière phrase est explicite : on ne prie pas Jésus, on lui confie seulement les prières que l’on fait à Dieu.
Les Épitres
Les auteurs de ces lettres utilisent rarement le terme. Sauf Paul, qui l’emploie 190 fois. Mais on a vu comment l’entendait Paul : (Rom 1, 7) "À vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ" ou (Phil 2, 2 à 11) "Que toute langue proclame de Jésus-Christ qu’il est Seigneur à la gloire  de Dieu le Père". En l’employant, Paul voulait-il signifier que, pour lui,  Jésus comptait  plus que le Dieu tout-puissant ?
L’Apocalypse
Le signataire de cet écrit emploie aussi le mot à deux reprises : (19, 16) "Un nom est inscrit sur son manteau et sur sa cuisse, Roi des rois, Seigneur des seigneurs… " et  (22, 20) "Oh  oui, viens, Seigneur Jésus…" Cette supplication, ajoute la Bible de Jérusalem, c’est le "Marana tha" que l’on répétait au cours des liturgies pour exprimer l’attente impatiente de la Parousie.


Origine du mot

Tout ce qu’on a relevé jusqu’ici à propos de la dénomination "Seigneur" laisse supposer que le terme est la traduction du mot  "kurios" employé par les premiers chrétiens, mais quel était le sens exact du terme originel ? Le mot grec KURIOS est polysémique et désigne généralement celui qui a autorité ou plein pouvoir. Il s’agit donc du chef de famille, du maître de maison, des esclaves ou des domestiques, du souverain, de l’empereur. Pour les Juifs hellénisés, c’est la traduction de l’hébreu "Adonaï" transposition du tétragramme imprononçable désignant le Dieu tout-puissant. Pour les  Romains, c’était surtout l’Empereur.

Qu’on me permette  d’évoquer aussi les deux expressions employées dans la version latine du Nouveau Testament pour désigner Jésus ou Dieu : SENIOR et DOMINUS qu’on a abusivement traduits par "Seigneur".


Senior
Le mot "seigneur " est d’origine latine. Il vient de "senior" qui est une forme comparative de "senex" qui signifie "vieux". Senior veut donc dire "plus vieux", "l’aîné" (prototocos en grec). Paul l’utilise en Romains 8, 28-30 : "Les hommes sont appelés, selon le dessein de l’Amour de Dieu, à être l’image de son Fils, pour faire de ce fils l’Aîné d’une multitude de frères".
Le mot désignait à Rome quelqu’un de particulièrement distingué en raison de son âge ou de son comportement. En France, c’est un terme qu’on trouve en 1080 dans "la Chanson de Roland" sous la forme "Seigneur".  Nous sommes là au Moyen-Âge à une époque où l’Église est la seule puissance politique et culturelle, il ne faut donc pas s’étonner de trouver le même mot pour désigner les chefs féodaux, les papes et les évêques, Jésus, et Dieu lui-même ! Seigneur est donc en définitive, à cette époque, un terme de respect dû à une autorité. Le mot est resté mais, depuis dix siècles, il a subi un certain nombre d’avatars qui en ont altéré le sens et est devenu au fil des ans : Sire, Messire, Sieur, Monsieur, Monseigneur…
À force de servir à ennoblir les puissants (Sire le Roi, monsieur Frère du Roi, Messire Dieu, Le seigneur et maître de l’épouse ou Dieu Seigneur époux de l’âme chrétienne) le mot est devenu très ambigu, sinon insignifiant, à moins qu’il n’évoque des significations peu plaisantes, ironiques ou péjoratives. Le moindre reproche qui puisse lui être fait est d’être le symbole de relations féodales dépassées sinon honnies et de prendre la place de la formule enseignée par Jésus : Abba-Père.


Dominus
Traduction latine de Kurios, le mot a connu la même évolution. Le mot "domus",  l’origine de "dominus", était la maison familiale. Le terme a très vite donné "dominer, domination" qui qualifie le possesseur, le propriétaire. D’une définition familiale respectueuse on est arrivé à une définition juridique privilégiant l’Autorité aux dépens de l’Amour.  

 

Au XXI° siècle, est-ce vraiment une Bonne Nouvelle d’appeler "Seigneur" un père ou un aîné, Jésus ou Dieu ?

 

seigneur_jesus.jpgNdlr - sur le même sujet, voir le livre :

"Le seigneur Jésus-Christ : la dévotion envers Jésus aux premiers temps du christianisme" par Larry W. Hurtado,   traduit de l'anglais par Dominique Barrios, Charles Ehlinger, Noël Lucas, éd. Cerf, Paris
collection Lectio divina,  avril 2009

L'avis de La Procure : De l'oeuvre monumentale de John P. Meier sur le Jésus historique parue aux mêmes Editions du Cerf, cette étude prend en quelque sorte le relais en scrutant dans les textes, avec la même rigueur historienne, l'émergence dans les premières générations chrétiennes de la foi en Jésus comme Christ et Seigneur, auquel s'adresse un culte que le monothéisme juif réservait jusqu'alors à Dieu seul. Un parcours passionnant aux sources mêmes de la foi chrétienne !

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 07:57

Olivier Sacks, neuropsychologue et écrivain, entretien avec Minh Tran Huy paru dans Madame Figaro en complément des Figaro des 7-8 février 2014, pp. 62-63, à l'occasion de la sortie de son livre "l'Odeur du si bémol" aux éditions du Seuil, 352 p. (traduit de l'anglais par Christian Clerc), extraits :

 

olivier_sacks-copie-1.jpgJ'ai le sentiment que l'hallucination méritait un ouvrage à part entière, car elle constitue un type d'expérience distinct de la perception (on entend, on voit ou on sent quelque chose qui n'est pas là), du rêve (on est conscient) et de l'imagination (on n'exerce aucun contrôle sur ses hallucinations). Une expérience que nombre de gens connaissent mais qui demeure largement incomprise.

Q - Aujourd'hui, l'hallucination effraie, elle est associée à la folie et à la maladie. Mais cela n'a pas toujours été le cas.

R - Elle était plus volontiers acceptée, voire célébrée, en d'autres siècles. Jusque dans les années 1800, il n'était pas considéré comme anormal d'entendre des voix et d'avoir des visions, auxquelles on prêtait une réalité spirituelle : on parlait de fantômes, d'anges, de manifestations divines. Ce n'est qu'ensuite que le terme est devenu péjoratif. Je voulais mettre l'accent sur le rôle joué par les hallucinations en matière d'art, de mythologie ou encore de religion - des crises épileptiques, extatiques, de Jeanne d'Arc et Dostoïevski, aux motifs de l'art aborigène - qui pourraient avoir pour origine les visions provoquées par les migraines. J'ai essayé, sinon de réhabiliter l'hallucination, du moins de montrer qu'elle faisait partie de notre vie mentale et de notre culture.

Q - En vous intéressant à l'homme ou à la femme derrière le malade, n'appelez-vous pas aussi à une autre manière, plus humaine, et même humaniste, d'exercer la médecine ? 

R - Oui, mes livres appellent à une médecine ne se limitant pas à des diagnostics qui poussent les docteurs à se contenter de cocher une liste de critères et de symptômes sans jamais décrire un patient particulier en détail. Mais j'y appelle par la description et l'exemple, non par un plaidoyer ou un manifeste.

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 19:25

Jésus parlait l'araméen dans la vie de tous les jours, et parce qu'il voulait être compris des foules qui venaient l'écouter, ses enseignements étaient donnés en araméen. Le texte des évangiles en porte d'ailleurs la trace. Ainsi lorsqu'il prend la petite fille par la main pour lui rendre la vie, il lui dit "Talitha koum" ce qui signifie en araméen "petite fille, lève-toi !" (Marc 5, 41). L'expression "Maranatha" qui signifie "le Seigneur vient" est également en araméen, tout comme le mot "abba", père, que Jésus prononce dans un moment de grande détresse à Gethsémané (Marc 14, 36).

Ceci étant, Jésus connaissait aussi l'hébreu, la langue dans laquelle la plupart des livres saints du judaïsme ont été rédigés. On le voit ainsi dans la synagogue de Nazareth lire sans aucune difficulté le texte hébreu du livre d'Esaïe et en faire pour les auditeurs un commentaire audacieux (Luc 4, 16-17).


langues_semitiques.png

Voilà pourquoi au retour de l'Exil, les Lévites, appelés aussi Docteurs de la loi, ont pris un très grande importance : c'est eux qui avaient la charge de traduire en araméen compréhensible pour le peuple les écritures hébraïques qui étaient lues à la synagogue ou au temple. Ils faisaient ensuite un commentaire de ces textes, pour indiquer comment ils devaient être compris et mis en pratique. Cette tradition interprétative, orale au départ, a progressivement été mise par écrit : c'est ce qu'on appelle le Talmud.

Si l'on veut être tout à fait exact, il faut donc dire que la langue maternelle de Jésus était l'araméen mais qu'il lisait aussi l'hébreu.

L'araméen continue à être parlé aujourd’hui dans quelques villages en Syrie et en Irak, et il est utilisé comme langue liturgique dans les Églises de rite syriaque, chaldéenne.

 

Propos de Samir Krm, Assyro-Chaldéen en région parisienne, tenu sur Facebook et transmis par Nadau Brock le 11 août 2014 au sein du groupe "Unitariens francophones" sur Facebook.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 19:01

noun.jpg"Nazôréens" dans le Nouveau testament, "Nasarah" dans le Coran. Mais les Mandéens (Sabéens) – Mandaeans/ Sabbehies- se désignent aussi comme "Nazoraiï".

Au IVe siècle, Epiphane (dans son Panarion) désignait les judéo-chrétiens comme "Nazôréens".
Les Sassanides Zoroastriens du IIIe siècle distinguaient les "Kristiyane" (qui seraient les chrétiens) des "Nazoraye" (qui seraient des judéo-chrétiens ou des Mandéens)

Message de Michel Jas au groupe "Protestantisme libéral" de Facbook, le 24 juillet 2014.

 

illustration : noun, la lettre de l'alphabet arabe pour le "N" (de Nasarah). Elle fut peinte sur les portes des chrétiens de Mossoul en juillet 2014 par les fanatiques du prétendu Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL).

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 18:29

paul avec aquila et priscillaLà aussi, c’est grâce à Paul (1 Co 1, 12) que l’on apprend le passage de Pierre à Corinthe où il y a des baptisés qui se réfèrent à lui (et qu’il a donc baptisés ou fait baptiser) : il dénonce les baptisés qui se divisent en se référant à celui qui les ont baptisés ! « … chacun de vous parle ainsi : « Moi j’appartiens à Paul. – Moi à Apollos [un missionnaire venu d’Alexandrie] – Moi à Céphas, - Moi à Christ ».


Comment dater ce séjour de Pierre à Corinthe ? On sait que vers 45, l'empereur Claude (41-54) expulsa les juifs de Rome (Ac 18 ,2). Lorsque Paul arrive à Corinthe en hiver 50 dans le cadre de son second voyage, il y trouve Aquila (originaire du Pont) et son épouse Priscille, qui viennent d’ « Italie » (sans doute expulsés de Rome ? mais le texte ne le dit pas expressément). Il en repart en été 52. Les Epîtres aux Corinthiens sont datées de 56 avec un point d’interrogation (durant son long séjour de 2ans et 3 mois à Ephèse en 54-57).

Paul avec le jeune ménage qui va l'héberger et où il exercera son métier de fabriquant de toiles durant plusieurs mois.


Question : Pierre serait-il passé à Corinthe dans les années 50 en allant à Rome ?

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